Rémunération en SEL : nouveau régime fiscal des associés

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La rémunération en SEL est devenue un sujet central pour les professionnels de santé exerçant en société d’exercice libéral. 💸 Depuis le changement applicable aux revenus perçus à compter de janvier 2024, les associés doivent distinguer plus précisément la rémunération liée à leur activité libérale de celle versée au titre de leur mandat social.

Cette évolution concerne notamment les médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et plus largement toutes les professions libérales exerçant en SELARL, SELAS ou autre forme de SEL.

Selon la nature de la rémunération, les revenus imposables peuvent désormais relever des BNC (bénéfices non commerciaux), des traitements et salaires ou de l’article 62 du CGI. 📚

👉 Découvrez dans ce guide les explications des experts Sydel Office sur comment fonctionne le nouveau régime fiscal de la rémunération des associés de SEL et quelles sont ses conséquences fiscales, sociales et comptables.

À retenir sur la rémunération SEL

  • La rémunération SEL doit être distinguée entre rémunération technique et rémunération de mandat social.
  • Depuis les revenus 2024, la rémunération technique relève en principe des BNC.
  • La rémunération des dirigeants peut relever de l’article 62 du CGI lorsqu’elle rémunère effectivement les fonctions de direction.
  • Les traitements et salaires ne s’appliquent que dans des conditions très particulières, lorsqu’un véritable lien de subordination existe.
  • Cette réforme impose un suivi comptable, fiscal et social plus rigoureux.
  • La SEL reste un excellent outil d’optimisation de la rémunération, de capitalisation et de transmission.

Pourquoi le régime fiscal de la rémunération des associés de SEL a changé ?

Pendant longtemps, les rémunérations des associés de la SEL étaient fréquemment imposées comme des traitements et salaires ou, pour le gérant majoritaire de SELARL, au titre de l’article 62 du CGI.

Cette solution présentait une certaine simplicité mais ne correspondait pas toujours à la réalité de l’activité libérale exercée. ❌

La doctrine de l’administration fiscale a évolué. Désormais, les rémunérations perçues par un associé d’une SEL au titre de son activité professionnelle relèvent, par principe, de la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC), sauf exception lorsqu’un lien de subordination avec la société peut être établi.

Ce changement résulte des commentaires publiés par la Direction de la législation fiscale (DLF) et intégrés au BOFiP. Les anciennes positions doctrinales ne sont plus applicables à compter de l’imposition des revenus de janvier 2024.

Cette évolution repose notamment sur l’article 92 du CGI, qui définit les bénéfices non commerciaux comme les revenus issus des professions libérales lorsqu’ils ne relèvent pas d’une autre catégorie d’imposition. 💰

La réforme ne remet toutefois pas en cause l’intérêt de la société d’exercice libéral. Elle impose simplement de mieux distinguer les différentes rémunérations versées aux associés et leur traitement fiscal.

Rémunération des associés de SEL : BNC, traitements ou article 62 du CGI ?

Le nouveau régime fiscal repose sur une distinction essentielle entre la rémunération liée à l’exercice de la profession et celle liée aux fonctions de direction.

La rémunération technique des associés de SEL : le principe des BNC

La rémunération technique correspond aux sommes perçues pour l’exercice concret de l’activité libérale.

🩺 Pour un médecin, cela concerne par exemple :

  • Les consultations,
  • Les actes médicaux,
  • Les prescriptions,
  • Le suivi des patients.

Pour un chirurgien-dentiste, il s’agit notamment des soins conservateurs, actes chirurgicaux ou prothétiques.

Cette rémunération relève désormais, par principe, de la catégorie des BNC, même si l’activité est exercée au sein d’une société soumise à l’impôt sur les sociétés.

Autrement dit, l’associé d’une SEL est imposé comme un professionnel libéral pour la partie correspondant à son activité personnelle.

Le traitement fiscal du mandat social

La rémunération versée au titre des fonctions de direction répond à une logique différente. Elle rémunère notamment :

  • La gestion de la société,
  • La représentation de la société,
  • Les décisions stratégiques,
  • Les assemblées,
  • L’organisation administrative,
  • Les responsabilités de gérants ou de présidents.

Selon les conditions d’exercice et la forme sociale, cette rémunération relève soit des traitements et salaires, soit de l’article 62 du CGI.

Le mandat social doit être réel et correspondre à des fonctions effectivement exercées. ✅

Le cas particulier du gérant majoritaire de SELARL

Pour un gérant majoritaire de SELARL, la rémunération doit généralement être ventilée entre deux catégories.

  1. La première correspond à l’activité technique exercée au sein de la société. Elle relève des BNC.
  2. La seconde rémunère le mandat social. Elle relève de l’article 62 du CGI, lorsque les fonctions de direction sont réellement exercées.

Cette répartition ne peut pas être arbitraire. ❌

L’administration attend que cette ventilation reflète la réalité :

  • Temps consacré à la gestion,
  • Responsabilités exercées,
  • Décisions prises,
  • Taille de la structure,
  • Nombre d’associés,
  • Personnel encadré.

Une simple mention dans un procès-verbal ne suffit pas à justifier cette répartition.

Quel régime pour les associés non dirigeants ?

Pour les associés de la SEL qui ne disposent pas d’un mandat social, la règle est beaucoup plus simple.

Lorsque l’associé exerce uniquement son activité libérale, sa rémunération relève en principe des BNC.

Les traitements et salaires ne peuvent être retenus que si un véritable lien de subordination est démontré. 🔍Le BOFiP précise que l’existence d’un tel lien justifie, par exception, l’imposition dans la catégorie des traitements et salaires.

En pratique, cette situation reste exceptionnelle pour les associés des sociétés d’exercice, dont l’indépendance professionnelle demeure un principe fondamental.

Les conséquences du nouveau régime fiscal

Le passage des rémunérations techniques en BNC entraîne plusieurs conséquences pratiques.

👉🏼 L’associé doit désormais :

  • Tenir une comptabilité adaptée,
  • Effectuer une déclaration conforme au régime BNC,
  • Distinguer précisément les dépenses professionnelles,
  • Conserver les justificatifs des frais déductibles.

Les charges supportées personnellement dans le cadre de l’activité restent déductibles dans les conditions prévues par le droit commun, conformément à l’article 93 du CGI.

👉🏼 Sont notamment concernés :

  • Les cotisations professionnelles,
  • Les contrats de prévoyance,
  • Les cotisations retraite,
  • Les frais de déplacement,
  • Les dépenses de formation,
  • Le matériel professionnel.
  • Autres dépenses utiles à l’activité.

Le compte courant d’associé doit également faire l’objet d’un suivi rigoureux afin d’éviter toute confusion entre les flux personnels, professionnels et ceux de la société.

Le régime micro-BNC est-il possible ?

Dans certains cas, un associé d’une SEL peut relever du régime micro-BNC, si les seuils sont respectés.

Cependant, ce régime reste rarement le plus avantageux pour les professionnels de santé, puisqu’il ne permet pas de déduire les charges réellement supportées. 🤷🏻‍♀️

Lorsque les dépenses professionnelles sont importantes, la déclaration contrôlée demeure généralement plus pertinente.

Les cotisations sociales : une réforme à intégrer

La rémunération SEL ne doit pas être analysée uniquement sous l’angle des impôts. Le volet social est tout aussi déterminant. ⚖️

Le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 est venu modifier les règles de calcul des cotisations sociales applicables aux travailleurs indépendants. Ces nouvelles dispositions trouvent leur application à compter du 1er janvier 2025.

Pour les associés relevant du régime des travailleurs non-salariés, cette réforme modifie les simulations de rémunération.

✅ Le bon niveau de rémunération dépend désormais de nombreux paramètres :

  • Imposition sur le revenu,
  • Cotisations sociales,
  • Droits à la retraite,
  • Besoins personnels,
  • Capacité d’investissement,
  • Stratégie patrimoniale.

Une simulation personnalisée reste donc indispensable.

SEL, BNC, ou entrepreneur individuel à l’IS : quelle solution choisir ?

La société d’exercice libéral (SEL) reste un outil de pilotage qui comporte de nombreux avantages.

Contrairement à un professionnel exerçant directement en BNC, l’associé peut choisir le montant de sa rémunération, laisser une partie de la trésorerie dans la société et développer une véritable stratégie patrimoniale (de capitalisation, d’investissement et de transmission).

Depuis la réforme de l’entrepreneur individuel, certaines entreprises peuvent également opter pour l’impôt sur les sociétés sans créer de SEL.

Cette solution mérite toutefois d’être comparée avec attention. Elle ne répond pas aux mêmes objectifs en matière de responsabilité, de transmission, de gouvernance ou de développement de l’activité.

💡 Le choix entre entrepreneur individuel, SELARL ou SELAS dépend donc de nombreux critères : niveau de revenus, stratégie d’investissement, protection du patrimoine, fiscalité et objectifs personnels.

La bonne solution n’est pas seulement celle qui diminue l’impôt à court terme. C’est celle qui reste cohérente avec l’organisation professionnelle et les projets du praticien.

À retenir sur la rémunération des associés de SEL

Le nouveau régime fiscal de la rémunération des associés de SEL marque une évolution importante pour les professions libérales.

Le principe est désormais clair 👀 :

  • La rémunération de l’activité technique relève des BNC ;
  • La rémunération du mandat social relève, selon les cas, des traitements et salaires ou de l’article 62 du CGI.

Cette distinction impose une analyse au cas par cas afin de sécuriser le traitement fiscal, social et comptable des rémunérations.

Bien structurée, la rémunération SEL reste un levier efficace pour piloter la fiscalité, préparer les investissements, optimiser les cotisations sociales et organiser la transmission de son activité.

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Les experts Sydel Office accompagnent les professionnels de santé dans le choix de leur mode de rémunération, l’application du nouveau régime fiscal des associés de SEL, les arbitrages entre BNC, article 62 du CGI et dividendes…

Ainsi que dans l’optimisation globale de leur stratégie fiscale et patrimoniale. N’hésitez pas à nous contacter

FAQ – Rémunération

Non. La rémunération correspondant à l’activité professionnelle relève en principe des BNC, tandis que la rémunération versée au titre d’un mandat social peut relever de l’article 62 du CGI ou des traitements et salaires selon les situations.

Non. Seule la rémunération liée à ses fonctions de gérant relève de l’article 62 du CGI. La rémunération correspondant à son activité libérale est, en principe, imposée dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.

Oui, mais uniquement lorsqu’un véritable lien de subordination existe entre l’associé et la société. Cette situation reste exceptionnelle pour les professions libérales.

Non. La SEL demeure un outil particulièrement pertinent pour piloter la rémunération, développer l’activité, investir, transmettre son patrimoine professionnel et optimiser sa stratégie fiscale à long terme.